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mercredi 15 décembre 2010

Voyager en auto-caravane

Septembre et octobre 2010

Comment s'y prend-on pour parcourir 3 000 kilomètres pendant six semaines, sans changer de chambre à tout bout de champ, sans avoir à refaire ses valises à tous les deux ou trois jours, ou même à chaque semaine, et en ne mangeant dans les restaurant qu'environ une fois sur trois en moyenne?

Pour nous, le camping est une manière de voyager. Ce n'est pas une activité en soi. Nous savions depuis longtemps que se déplacer en auto-caravane offre de nombreux avantages pour effectuer un long parcours sur une longue durée. L'avantage le plus important, à notre avis, c'est celui de se sentir chez-soi pendant qu'on se déplace. 

L'impression de se sentir chez-soi...

Certaines personnes, lorsqu'elles voyagent, préfèrent se faire servir tous leurs repas et ne pas s'occuper de l'entretien de leur chambre d'hôtel. D'autres se lassent rapidement de ce régime et, bien qu'ils aiment découvrir de nouveaux pays, s'ennuient de leur chez-soi. Un couple de Québécois que nous avons croisés lors de notre visite de la Cathédrale Sagrada Familia à Barcelone, nous ont confié que l'aspect qui les dérangeait le plus de leur voyage était celui de ne pas dormir dans leur lit à tous les soirs.
 

Un point d'ancrage...
Une auto-caravane est l'équivalent d'un petit appartement mobile. Ce n'est pas beaucoup moins spacieux qu'une chambre d'hôtel. 

Dès le premier jour où nous en avons pris possession, nous avons vidé nos valises et nous avons rangé nos effets dans les tiroirs, les armoires et la pharmacie. Le modèle d'auto-caravane que nous avons loué ne manquait pas d'espace de rangement, tout au contraire. Même le réfrigérateur était plus volumineux que nous l'avions prévu. L'espace habitable, par contre, était restreint mais confortable. 

Premier matin en camping en France, à Lyon



Le premier jour, nous avons aussi commencé à nous équiper : les éléments de base pour faire la cuisine et les produits d'entretien tels que du savon et des éponges, ainsi que des boîtes de papier-mouchoir, des serviettes de papier, une rallonge électrique, etc. À la même occasion, nous avons fait nos premières provisions : fruits, légumes, viandes froides, huile, pain, oeufs... Nous avons été chanceux : il y avait un centre Auchan, un hypermarché, à distance de marche du premier camping où nous nous sommes installés. On y a trouvé tout ce dont nous avions besoin pour amorcer notre exploration du sud de la France. Ce fut une activité qui nous a permis de mieux connaître la France et les Français, telle qu'on ne l'aurait pas connue si on avait choisi un autre mode d'hébergement et de déplacement.


Préparer son propre repas accentue cette impression de vivre chez-soi en voyage.
On achète le poisson le jour même... les légumes sont frais...

Cette impression d'être chez-soi se renouvelle à tous les jours, dès le matin en se levant, jusqu'en soirée, et surtout au moment des repas. 

Nous avons souvent mangé dans l'auto-caravane : pas seulement le matin et bien souvent le soir, mais aussi à l'heure du midi, dans des haltes routières, ou sur le bord de route, lorsque l'occasion s'y prêtait et que c'était sécuritaire. 
 

S'approvisionner... 
Il faut reconnaître que c'est très agréable de faire son marché en France et en Catalogne. Du pain frais à tous les jours, du fromage et du vin de chacun des « pays » que nous avons visités, des fruits et légumes frais, et les produits locaux de toute nature. On trouve un grand choix de produits, autant dans les marchés publics que dans les boulangeries, les boucheries, et autres marchés d'alimentation -- superettes, supermarchés, hypermarchés... 

Place du Marché - Marseillan Plage
À distance de marche du camping
Ce n'est qu'au camping Tres Estrellas, en banlieue sud de Barcelone, qu'on a trouvé sur le terrain de camping-même, presque tout le nécessaire dont on peut avoir besoin en camping. Même en fin de saison, les étalages du petit magasin y étaient remplis de toutes sortes de produits : des produits congelés aux plats cuisinés et aux aliments frais, ainsi que des conserves, des outils, des ballons, et des parasols pour la plage.

Partout ailleurs, il fallait sortir du terrain de camping pour s'approvisionner. Dans les régions rurales et dans les petites communes, comme à Ambert en Auvergne ou à Marseillan-Plage au Languedoc, il y a les marchés hebdomadaires. Des producteurs locaux nous présentent eux-mêmes leurs produits. C'est un réel plaisir de s'entretenir avec ces producteurs de leurs produits : la différence entre tel et tel miel ou fromage, quelles sont leurs recettes... La relation avec le marchand devient personnelle.

Chaque jeudi matin au marché public d'Ambert, en Auvergne, on offre
un grand choix de produits frais : pain, fromages, saucisson, vin...

Partout où nous avons fait nos emplettes, nous avons parlé, souvent même dans les grandes surfaces. 

Le matin, à Figeac dans le Lot, en se rendant au Musée des écritures du monde, nous nous sommes arrêtés dans une boulangerie pour nous informer des heures d'ouverture. Nous voulions nous assurer que nous pourrions y acheter du pain en fin de journée, en retournant au camping. La boulangère a non seulement répondu à notre question, elle nous a aussi suggéré un restaurant tout près du musée pour le repas du midi - elle en connaissait la propriétaire. Nous y sommes revenus en fin d'après-midi. Elle ne nous a pas seulement vendu du pain, des croissants et des pâtisseries, elle s'est aussi informée d'où nous venions, ce que nous faisions dans la vie, comment on avait trouvé le restaurant, la ville, le musée, ... À un moment donné, je me suis rendu compte qu'elle nous faisait parler, et qu'elle prenait autant plaisir à écouter notre accent que nous en avions à écouter son accent du Midi...




C'est pour le plaisir de l'expérience d'y vaquer que nous nous sommes promenés
dans les allées bondées du grand marché central de La Boqueria,
en plein centre de Barcelone. Nous y avons fait une petite épicerie
de légumes et de fruits frais que nous avons ramenés en autobus
jusqu'au camping à la fin d'une journée de tourisme.

Les sites de camping
Étant donné la saison, il y avait peu d'affluence dans les terrains de camping. Il est vrai que les Européens pratiquent beaucoup plus l'autonomie en camping que nous le faisons en Amérique du Nord, ce qui enlève de la clientèle aux établissements de camping. Nous n'avons pas eu besoin de réserver nulle part. Par contre, il faut tenir compte des heures d'ouverture. Plusieurs établissements ferment tôt. On peut s'installer pendant la soirée et s'enregistrer le lendemain matin. Il est bon d'arriver tôt aux établissements situés dans ou près des grandes villes, pour choisir un site agréable.


Les installations sont sécuritaires et elles sont généralement bien entretenues. Sauf de rares exceptions, nous avions accès à l'Internet, généralement dans un périmètre rapproché de l'accueil. Parfois c'était gratuit.

Partout, nous avons choisi des sites de camping en fonction de l'accès qu'ils nous offraient aux endroits que nous voulions visiter. Dans le cas des grandes villes, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Barcelone, Avignon, nous avions accès au réseau de transport en commun. Dans les autres endroits, tel qu'à Ambert, Figeac, Sarlat, on pouvait se rendre à pied aux lieux que nous voulions visiter. Les seules régions où nous avons éprouvé des difficultés d'accès sont cellec du Languedoc et de la Provence. Nous avions prévu nous installer dans un endroit relativement central, d'où nous pourrions essaimer. Marseillan-Plage nous était apparu comme étant idéal pour visiter Sète, Nîmes, Montpellier... L'accès aux stationnements y est très difficile pour les camping-car. Nous avons été chanceux de trouver une place à Sète. Pour visiter Marseille, nous avons pris le train régional pour faire un aller-retour à partir d'Avignon.


Au tout début du voyage, dans les montagnes de l'Auvergne, les nuits ont été froides. Ailleurs, la température fut très agréable.


Les routes
L'auto-caravane que nous avons louée était un peu plus grande que celle que nous possédons. Nous avons donc dû nous habituer à la manœuvrer, surtout sur le réseau routier français. Les chauffeurs nord-américains qui sont habitués à conduire des véhicules plus gros, tels que des camions ou des autobus, trouveront que les rues sont étroites. La conduite est manuelle. Il n'est pas toujours facile de s'orienter, même avec les cartes les plus précises et détaillées; mais le caravanier le plus expérimenté doit composer avec cette réalité partout, même dans son propre pays ou sa propre région. Il faut s'habituer à la signalisation. On apprend graduellement, avec l'expérience à se fondre dans la circulation.


À plusieurs occasions, je me suis arrêté au cours de la journée pour me reposer... voire, faire la sieste, sur le bord de route. C'est un avantage dans une auto-caravane, de pouvoir s'allonger sur un lit. Il y a des haltes-routières dans la plupart des régions. À certains endroits, on y trouve de beaux panoramas. Certaines autoroutes sont payantes. Le long des celles-ci, certaines haltes offrent un minimum de services - essence, sanitaires, table de pique-nique. Ailleurs, on y trouve non seulement des services de restauration, mais aussi un hôtel et des boutiques qui mettent en valeur les produits de la région.


Halte routière de la Haute-Garonne, sur l'autoroute Entre-deux-mers,
à l'est de Toulouse, en direction de Carcassonne :
on y trouve un centre d'interprétation sur le Canal du Midi et
on peut y faire une randonnée en bateau.

Six semaines en voyage, c'est long. Mais nous croyons que de le faire en auto-caravane a été beaucoup moins épuisant que si nous l'avions fait en automobile ou par train. Nous avons pu visiter des régions rurales tout autant que des villes. Cette expérience de camping nous a aussi servi d'apprentissage pour les voyages de longue durée que nous avons l'intention de faire dans les années à venir.

dimanche 10 octobre 2010

Le début du retour...

Avignon, dimanche après-midi, 10 octobre

C'est l'automne ici. Pas le même automne qu'au Québec, mais l'automne tout de même. Des feuilles qui jaunissent et tombent.

Demain, nous amorcerons les premières démarches de notre retour au pays. Dimanche prochain, nous serons chez-nous.

La semaine qui vient peut encore nous réserver des surprises. Les mouvements sociaux en France peuvent nous compliquer la vie. Mais ce n'est pas à nous de s'en plaindre... au contraire. Environ trois quarts des Français appuient ce mouvement de protestation. On composera avec la tournure des événements dans les jours à venir. Telle est la nature même des voyages : apprendre à composer avec la réalité.

Trente jours dans notre « cabane motorisée en France », c'est à la fois long et court. Notre parcours était épuisant. Nous avons appris bien des choses sur les voyages de longue durée. Entre autres, que nous devons apprendre à nous rythmer, à nous donner du temps pour digérer, se reposer, reprendre le souffle. Nous ralentissons nos activités. Nous multiplions les journées de pause.

Demain, donc, nous quitterons Avignon pour retourner à Lyon. On nous annonce de la pluie. Nous devons remettre l'auto-caravane à l'agence de location mardi matin.

***

Depuis quelques jours, nous avons bénéficié de journées splendides, chaudes et ensoleillées. En partant de Marseillan-Plage, où nous avions passé six jours, nous avons traversé la Camargue, en direction d'Avignon. Le lendemain, nous avons pris le train régional, pour un aller-retour d'une journée jusqu'à Marseille. Hier, nous avons visité Avignon. Aujourd'hui, nous sommes allé faire un tour dans la campagne environnante du Vaucluse, pour visiter, entre deux averses de pluie (puisque le temps a changé), le Village des Bories.

Le Village des Bories

On baigne dans l'histoire depuis le début du voyage.

À Marseille, on nous a fortement recommandé, étant donnée le temps que nous avions l'intention de passer dans cette ville, d'aller visiter le Jardin des vestiges et le Musée d'histoire de Marseille, qui lui est attenant. Diane, qui a enseigné l'anthropologie à des étudiants du Cégep pendant un tiers de siècle, était dans son élément.

Diane était dans son élément
 

Il y a 25 siècles, des Grecs venus de la Turquie d'aujourd'hui, fondaient un comptoir
sur le site illustré ci-dessus, qui allait devenir la ville de Marseille avec le temps.
Selon la légende, leur chef a épousé une princesse originaire du peuple qui habitait les environs.
Une légende qui explique fort bien la nature de cette ville et l'image que se font les Marseillais d'eux-mêmes.

La visite de ce site nous en apprend beaucoup sur Marseille et les Marseillais. Nous avons particulièrement été impressionnés par le travail d'une jeune femme qui guidait en groupe d'enfants de six ou sept ans à travers le Musée. À ces enfants, elle expliquait les origines de « leur » ville. Elle s'adressait à eux, des enfants d'origines diverses, en leur disant constamment, « Nous, les Marseillais, nous... » Une belle leçon d'intégration.

Depuis quelques jours, nous nous répétons constamment qu'il faudra revenir un jour, dans quelques années, dans cette grande région.

Il y a tant à voir et le temps que nous avions nous a obligés à faire des choix difficiles : Nîmes, Aix-en-Provence, ou Avignon? Comment véritablement connaître une ville lorsqu'on n'a qu'une journée pour l'explorer? Ce qui n'empêche pas d'y faire des découvertes inattendues.

Nous avons vraiment aimé traverser la Camargue. Hier, à Avignon, nous avons marché sur le Pont Saint-Bénézet à Avignon et on a appris que ce n'est pas sur le pont qu'on danse, mais bien sous le pont qu'on y dansait. Le pont n'est vraiment pas assez large pour y danser une sarabande ou une farandole.

Le Pont Saint-Bénézet, à Avignon.
Beaucoup trop étroit pour qu'on puisse y danser une sarabande ou une farandole

À suivre...

lundi 4 octobre 2010

Quelques mots à la sauvette...

Marseillan-Plage

Que le temps passe vite. On en perd la notion du temps.

Quatre semaines que nous voyageons. Il ne nous reste plus qu'une dizaine de jours avant notre retour en Amérique.

Je m'excuse de mon manque de constance. J'ai cessé d'afficher des notes de voyage sur ce carnet électronique parce que cela me prenait trop de temps. Le temps de télécharger les photos sur l'ordinateur dans leur état brut, de les traiter par la suite, de les télécharger sur Internet, et de les afficher ici. Puis de rédiger un texte, un texte que je trouvais trop superficiel, qui ne rendait pas justice à ce que nous ressentons en faisant ce voyage.

Il y a tellement de choses à raconter.

Par exemple, ce vieux monsieur de 90 ans rencontré sur un quai à Bordeaux, qui nous a parlé de ce que Bordeaux avait l'air il y a un demi-siècle et plus. On pouvait imaginer, en regardant ses yeux pendant qu'il nous décrivait ces lieux où il a vécu et travaillé toute sa vie, à quoi pouvait ressembler le port de Bordeaux, et ces demeures somptueuses de la grande bourgeoisie des négociants vinicoles qui a régné si longtemps sur la ville.

Ou encore, de cette visite très émouvante et inspirante au Musée national de la préhistoire à Les-Eysies-de-Tayac : dire que l'humain, nos ancêtres à tous, habite le territoire que nous visitons depuis 40 000 ans et plus.

Sous un abri de pierre à Les-Eysies-de-Tayac,
à l'extérieur du Musée national de la préhistoire
Outre ces compte-rendus de rencontres et de visites que nous avons faites, il y a aussi l'expérience même de voyager en « camping-car », comme on le dit ici, ainsi que l'expérience du camping en France et en Catalogne, en cette période de l'année.

Je me suis souvenu de notre voyage en Nouvelle-Angleterre l'an dernier. J'avais tenu un journal de voyage... des notes manuscrites, des compte-rendus de nos expériences, des réflexions, des impressions... Cette fois-ci, je n'ai presque rien écrit dans mon carnet de voyage, jusqu'à ce que je suspende en partie ma présence sur Internet. Je me suis rendu compte que j'y perdais au change. C'est pour cette raison que depuis notre passage à Sarlat, j'ai repris l'écriture manuelle de mon journal de voyage.


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Depuis Figeac, nous nous sommes arrêtés à Sarlat, Bordeaux, Toulouse, Barcelone. Les distances ne sont pas énormes, en comparaison des distances auxquelles nous sommes habitués chez-nous au Québec et dans le reste du continent nord-américain. Un voyage en Gaspésie à partir de Montréal serait probablement moins long, même sans passer par le Saguenay ou la Beauce.

Nous sommes aujourd'hui rendus dans le Languedoc, dans un village de villégiature, sur le bord de la Méditérranée. Un village qui est en train de se préparer à une longue hibernation. 




Au début du mois d'octobre, on n'y retrouve que quelques p'tits vieux comme nous, qui profitent des derniers jours d'une saison qui traîne en longueur.

La saison touristique, m'a-t-on expliqué hier soir, n'a pas été bonne cette année. On se ressent ici de la crise économique qui secoue tout le monde occidental. Elle a été pire que l'année précédente. Le tenancier du bar où je prenais mon café tout en rédigeant mon journal de voyage me confiait qu'ils auraient de la difficulté à tenir le coup si l'afflux touristique ne reprenait pas un plus de vigueur l'an prochain.

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Samedi soir dernier, le Grec s'est graduellement imposé dans le paysage. Le Grec, c'est le vent du Nord-Est. Il soufflait fort, très fort. Il nous a inquiété toute la nuit. Le matin, il m'a carrément intimidé. Nous avons décidé de ne pas bouger hier. Il a continué à souffler toute la journée, et toute la nuit de dimanche à lundi. Le Grec bouleverse tout. Il dérange. Il a même interrompu la communication Internet depuis samedi soir sur le terrain de camping. Ce matin, il soufflait toujours très fort.




On prend un certain rythme en voyage. Moduler ce rythme est important. Parfois, les événements s'en chargent. Depuis quelques jours, c'est la température. Mais à Bordeaux d'abord, il y a une dizaine de jours, puis à Barcelone à nouveau en milieu de semaine la semaine dernière, c'est l'actualité qui nous a pris au passage. Les Français affichent leur opposition à la réforme du régime de retraite public.

Nous avons modifié notre itinéraire pour tenir compte de la journée de grève du 23 septembre dernier un peu partout en France. Il n'y avait pas de transport à commun dans les grandes villes. Nous avons donc repris la route cette journée là. Au moins, nous nous étions préparés à cette éventualité.

À Barcelone, nous avons été surpris d'apprendre le jour de notre arrivée, qu'il y aurait grève générale le lendemain. Heureusement, le camping était situé sur le bord de la plage.




Il faisait chaud. Le ciel était bleu... méditerranéen. On a fait un peu de ménage, j'ai rattrapé des retards (photos, prise de notes de voyage, ...), nous nous sommes baignés... Bref, on se l'est coulée douce. Le lendemain nous reprenions notre rythme... Une journée dans Barcelone, avant de revenir en France vendredi dernier.

Demain, nous poursuivons notre périple. Je souhaite qu'il fasse beau.

mardi 21 septembre 2010

Figeac

Nous avons été chanceux jusqu'à présent, quant à la température. Les journées ont été généralement très automnales : fraîches, voire carrément froides la nuit, se réchauffant au cours de la journée. Mais en général, le temps a été beau.

Le temps s'est couvert graduellement lorsque nous avons quitté Ambert, en direction d'Issoire.

Nous nous sommes arrêtés sur le bord de la route pour dîner, à la sortie de Parentignat, tout près d'Issoire, juste avant de rejoindre la E11/A75, la Méridienne, l'autoroute qui mène vers le Languedoc et la Méditerranée. L'avantage de voyager en motorisé, c'est qu'on peut prendre le temps de faire la sieste, le temps qu'il faut pour digérer, en s'allongeant sur un lit.

Deux heures plus tard, nous reprenions la route. À Massiac, nous avons bifurqué vers l'Ouest en empruntant la N122, en direction d'Aurillac. Le ciel devenait graduellement de plus en plus lourd. À Murat, il a commencé à pleuvoir.

J'aurais tellement voulu admirer le paysage des montagnes volcaniques de l'Auvergne, entre Ambert et Figeac. Les éléments ne me l'ont pas permis. À la station du Lioran, nous avons dû tortiller pour monter dans la montagne, où nous nous sommes retrouvés dans les nuages. Je n'ai donc pu admirer le vieux volcan du Puy Mary. Nous avons poursuivi notre route vers Aurillac, où nous avons fait le plein d'essence. Une heure et quelques minutes plus tard,  nous sommes entrés à Figeac, en fin de journée.

Les nuits sont froides depuis quelques jours. Le lendemain matin, nous nous sommes réveillés dans une brume épaisse.

Le Camping des Rives du Célé à Figeac tôt le matin, dans la brume

Mais cela nous importait peu, puisque nous allions passer la journée au Musée Champollion, le Musée des écritures du monde. ... À l'accueil du terrain de camping. la jeune dame nous a fortement déconseillé de se rendre au Musée en motorisé. Elle nous a assurés qu'il ne faudrait pas plus de vingt minutes en marchant lenn-te-ment... en mettant l'accent sur le premier « n » du mot, et en appuyant sur la deuxième syllabe, tout en étirant la dernière. Elle n'avait pas tort. Sauf que nous sommes probablement très lents. Surtout qu'il y a beaucoup de distractions et que je prends mon temps pour la photo.



Le Céré à Figeac
L'accent occitan est ici beaucoup plus prononcé qu'à Ambert. Nous y prenons autant plaisir que les gens de la place prennent plaisir à écouter notre accent. J'ai même l'impression qu'on fait durer les conversations juste pour le plaisir de la conversation.

On parle de tout et de rien...

Avec la boulangère par exemple, sur notre route en entrant dans la ville. Elle nous avait recommandé un bon restaurant pour le déjeuner, à l'heure du midi... une très bonne recommandation d'ailleurs : Le Grain de sel, pas très loin du Musée. On n'entre pas dans une boutique ou un commerce sans dire bonjour avant de demander ce que veut; on prend aussi le temps de jaser. Le commerce est une activité de socialisation. Elle est personnelle ici.


Nous avons aussi parlé de tout et de rien avec un employé de la municipalité, rencontré au hasard, lorsque nous lui avons demandé des directions pour se rendre à un endroit d'où l'on pourrait contempler d'un point de vue plus élevé, la gigantesque reproduction de la Pierre de Rosette, qui repose au centre de la Place des écritures. Quel hasard! ... il a retardé son retour au travail pour jaser un peu avant de nous présenter à un autre employé, qui nous a non seulement ouvert les portes du jardin que nous cherchions, mais qui a aussi pris le temps de répondre à toutes nos questions sur la conservation du patrimoine architectural de la ville... dont notamment les défis qu'avait représentés la rénovation de la maison natale de Champollion au moment du réaménagement du musée.


Les murs de Figeac, nous les avions contemplés au cours d'une courte flânerie dans les rues de la ville, au début de l'après-midi, avant la réouverture du Musée, tout en digérant notre déjeuner. Nous les avions contemplés le matin en se rendant au Musée, et en prenant le café à la Place Champollion, en attendant l'ouverture du Musée le matin. Nous les contemplerions à nouveau en fin d'après-midi, au moment de retourner au camping, sans oublier de passer chez la boulangère que nous avions rencontrée le matin...



Les murs sont vieux à Figeac mais, comme on peut le constater, les activités derrière les murs sont contemporaines...


Voici un exemple des bijoux qu'on trouve au Musée des écritures :
deux pages d'un des cahiers de travail de Champollion, alors qu'il déchiffrait les hiéroglyphes. Le mot manuscrit prend un tout autre sens quand on contemple celui-ci :



Prochaine étape : Sarlat-la-Canéda et la visite du Musée national de la préhistoire à Les-Eysies.

dimanche 12 septembre 2010

Un guide touristique est un instrument indispensable pour quiconque veut pleinement profiter d'un voyage à l'étranger. Mais rien ne vaut le contact direct avec les gens qui habitent les pays qu'on visite. Ce sont eux qui y vivent quotidiennement. Ils peuvent nous apprendre bien des choses qu'on ne trouverait pas dans des livres, ou dans des pages de l'Internet.

La France est un pays familier pour nous Québécois, surtout pour ceux qui, comme moi, ont fait leur « cours classique » à l'adolescence. Ce n'est pas tout à fait un pays étranger. Mais cela demeure, malgré toutes les affinités qu'il peut y avoir entre Québécois et Français, un pays étranger, de bien des points de vue.

Nous nous en rendons compte, de multiples façons, depuis trois jours que nous y séjournons.

Nous avons eu le bonheur, dès la première soirée, d'avoir été accueillie par une famille française, en fin de journée, au début du « week-end ». Sophie est une très grande amie de la famille de ma belle-sœur. Elle a étudié au Québec. Elle compte bien y retourner, avec son mari, Olivier. Nous avons passé une agréable soirée à jaser... de tout et de rien. Entre autres, nous avons appris, à la veille de prendre possession d'un camping-car pour quelques semaines, qu'il ne faut pas tourner à droite au feu rouge. On nous a vivement conseillé d'aller voir le défilé de la Biennale de la danse, qui eut lieu cet après-midi même, au centre de la ville. Nous aimerions bien suivre le conseil d'Olivier et d'aller faire notre marché aux Halles de Lyon, mais ce n'est pas nécessairement pratique dans notre cas. On verra... peut-être demain...

Nous avons donc pris possession de ce qui deviendra notre maison pour les prochaines semaines. Toute la journée hier y a été consacrée : se rendre à l'agence de location, examiner le véhicule, se familiariser avec celui-ci... Nous avons alors pris la route en direction du terrain de camping que nous avions repéré pour séjourner quelques jours. Et nous avons été pris, quelques minutes plus tard, dans un embouteillage, en traversant la ville de Lyon, un samedi-matin, du sud-est vers le nord-ouest. En après-midi, nous avons passé une bonne partie de l'après-midi dans un centre d'achat, à distance de marche, de l'autre côté de l'autoroute A6, Paris-Marseille. En soirée, nous avons vidé nos valises et commencé à habiter les lieux. Le véhicule conserve encore quelques mystères, que nous n'avons pas encore résolus. Ce n'est qu'une question de temps.
Une petite Fiat, plus grande que le camping-car que nous utilisons pour explorer l'Amérique du Nord.
Notre cinq étoiles mobile.
Nous nous sommes levés ce matin, bien reposés. Prêts à entreprendre une autre journée. Une autre longue journée : le marché des bouquinistes, sur le Quai des pêcheries, au bord de la Saône... Nous y avons chacun refait le parcours intellectuel d'une vie... ces livres qui ont nourris notre enfance, notre adolescence, notre vie adulte... difficile de résister aux tentations...



...puis le rassemblement, à la Place des Terreaux, des 16 groupes, réunissant 4 500 participants du grand défilé de la Biennale de la danse.




Enfin, en fin d'après-midi, la visite du Musée gallo-romain de Lyon...


description à compléter... je manque de temps. Dimanche soir, il est 23 h 00.